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Espagne-France : une finale pour passer un cap ? – Ligue des nations – Finale – Espagne-France

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« On est toutes novices ! » Dans la bouche d’Eugénie Le Sommer, 34 ans et 188 sélections tricolores au compteur, ces mots sonnent un peu faux. Celle qui a hérité du brassard de capitaine à la suite de la blessure de Wendie Renard tempère tout de même : « J’ai déjà joué des finales en club, mais ça sera la première en sélection. On va utiliser l’expérience qu’on a de ces gros matchs pour aider l’équipe. » Face à une Espagne à domicile, championne du monde en titre, l’équipe de France féminine va disputer la première finale de son histoire, dans une toute nouvelle compétition : la Ligue des nations. Fini les échecs à répétition en quarts de finale, puisque ce format de Final Four permettait aux joueuses d’Hervé Renard de se qualifier directement en demies, avec l’espoir de décrocher enfin un premier trophée historique.

Un duel de novices

« On nous a beaucoup parlé de ce plafond de verre, je ne m’en soucie pas, je n’ai pas le sentiment que c’est quelque chose qui nous pèse, remballe toujours la capitaine en conférence de presse à la veille du duel face au voisin hispanique. Les équipes de jeunes ont beaucoup gagné de titres et de matchs contre l’Espagne, il n’y a pas de raison qu’en A, on ne le fasse pas. Il faut continuer d’y croire. On n’abandonnera pas tant qu’on ne l’aura pas. » En face, l’Espagne est aussi une nation « novice » du football féminin, malgré son titre mondial l’été dernier. Les coéquipières d’Alexia Putellas, incertaine physiquement pour la rencontre, ne s’étaient jamais qualifiées pour les Jeux olympiques avant ce Final Four et n’avaient jamais disputé le moindre dernier carré d’une compétition avant de faire sauter tous les verrous en Australie. « Ce qu’on a fait pour arriver jusque-là, c’était très compliqué, concède la sélectionneuse Montse Tomé depuis son estrade. J’espère que d’autres équipes écloront avec leur identité et seront compétitives. Et que tout le monde tire le football féminin vers le haut. »

Avant d’affronter la France en tant que favorite d’une finale de Ligue des nations, l’Espagne s’est cassé les dents à 13 reprises sur les Bleues : 10 victoires et 3 nuls pour les tricolores. C’est même LA nation que l’équipe de France a le plus affrontée sans jamais perdre. Des statistiques à prendre dans une perspective d’un football féminin en pleine explosion : la dernière victoire en compétition officielle remonte à 2013, lors de l’Euro (victoire 2-1). Depuis, la Roja a vécu trois révolutions au sein de sa sélection, a professionnalisé son championnat, compte deux Ballons d’or et un FC Barcelone doublement champion d’Europe enfin capable de concurrencer l’Olympique lyonnais. « Cette équipe d’Espagne a beaucoup de joueuses barcelonaises, analyse d’ailleurs Eugénie Le Sommer. Mais ce sera un match différent, on est avec la sélection. Le style de jeu est le même entre le Barça et l’Espagne, le style de l’OL est un peu le même que l’équipe de France. Contre l’Espagne, il faut savoir être patientes, parfois accepter d’avoir moins la balle. Le foot est un sport où il faut gagner, peu importe la manière. »

Faux trophée, vrai déclic ?

Cette fameuse expérience européenne d’un Olympique lyonnais octuple champion d’Europe sera-t-elle suffisante pour vaincre le nouvel ogre espagnol et enfin passer ce cap ? Au-delà de faire sauter le fameux plafond de verre du premier titre à aller chercher, la France, c’est aussi 5 défaites en 5 matchs officiels face au numéro 1 mondial au classement FIFA. Une bonne raison pour Jenni Hermoso de clamer haut et fort : « Demain, c’est le jour pour rappeler que l’Espagne a gagné le Mondial et qu’on est toujours la meilleure équipe du monde. Demain, ça sera le jour pour enfin gagner contre la France et gagner cette Ligue des nations. » Un discours qui tranche avec la retenue mise par la capitaine tricolore, consciente elle d’avoir encore tout à prouver. « C’est normal que les Espagnoles aient confiance en elles, rebondit Elise Bussaglia, ex-internationale tricolore aux 192 sélections. Elles sont championnes du monde en titre. […] Inscrire son nom sur un palmarès, c’est toujours bénéfique. Ça envoie un signal aux adversaires, ça donne beaucoup de confiance aussi aux joueuses… » 

Celle qui a disputé la dernière rencontre officielle entre les deux nations est loin de parler de « déclic » pour les Bleues, même en cas de victoire, et rappelle : « Ça reste une compétition particulière parce qu’elle n’a pas la forme d’une compétition classique, sur un tournoi avec plusieurs semaines et plusieurs matchs enchaînés. » Mais y voit aussi du positif : « C’est un profil de tournoi qui peut correspondre un peu plus à la France. Il ne faut pas faire la fine bouche, ce serait top de gagner un premier trophée. Les bonnes générations, les bonnes équipes s’il n’y a pas de trophée au bout, ça ne sert à rien de dominer dans le sport. » Peu importe le résultat, Elise Bussaglia estime qu’il ne s’agit que d’une « première étape » : « Ça donnerait beaucoup de confiance aux joueuses et au staff avant les JO, mais il ne faut pas faire de langue de bois non plus : tout le monde attend un titre sur un tournoi majeur. »



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