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ANALYSES

Deux tiers des Marocains “insatisfaits” de l’action du gouvernement actuel, selon une étude – Telquel.ma

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L’enquête à laquelle ont participé près de 1000 sondés indique que l’appréciation du gouvernement actuel laisse à désirer. En effet, la part du lion est celle des “très insatisfaits”, qui représentent 61 % des participants, alors que 4 % se disent “plutôt insatisfaits”. En ce qui concerne les 35 % de sondés restants, 23 % affirment être plutôt satisfaits du gouvernement, tandis que 12 % d’entre eux disent en être très satisfaits.

Le sondage mesurant l’appréciation du gouvernement par les Marocains s’est également intéressé aux raisons de cette insatisfaction majoritaire. Pour plus de 7 sondés sur 10, l’insatisfaction est due à la mauvaise gestion de la hausse des prix, 25 % d’entre eux affirment que c’est parce que les décideurs “ne font rien ou pas grand-chose” et 13 % indiquent que c’est à cause des promesses non tenues. 9 % des sondés indiquent qu’ils sont insatisfaits en raison des problèmes dans le secteur de l’éducation, 9 % se plaignent de l’absence de réaction face à la détérioration du pouvoir d’achat, 8 % se plaignent de la mauvaise gestion de la grève des enseignants et 3 % d’entre eux reprochent au gouvernement un manque de communication.

S’intéressant également à l’âge des insatisfaits, l’enquête fait savoir que toutes les catégories le sont majoritairement, à l’exception des 65 ans et plus. Dans ce sens, 70 % des sondés âgés de 55 à 64 ans affirment être mécontents. C’est également le cas des 45-54 ans dont 68 % sont insatisfaits.

Les plus “déçus” par le gouvernement actuel restent tout de même les jeunes actifs, dont l’âge oscille entre 25 et 34 ans et dont 73 % se disent insatisfaits. Ils sont suivis par les 35-44 ans, dont 70 % se disent insatisfaits, puis par les 18-24 ans qui comptent 65 % d’insatisfaits.

Au-delà de l’insatisfaction, un manque de confiance

Si l’enquête a révélé que deux Marocains sur trois étaient insatisfaits du gouvernement actuel, ses résultats indiquent qu’un Marocain sur deux ne fait pas confiance aux dirigeants.

En effet, seuls 35 % des interrogés affirment avoir confiance en notre gouvernement : 19 % se disent plutôt confiants, et 16 % seulement se disent très confiants. 16 % des sondés sont neutres, mais 48 % d’entre eux affirment qu’ils ne font pas confiance au gouvernement.

Comparés aux résultats d’une enquête réalisée en 2022, à l’issue de laquelle 39 % des interrogés se disaient optimistes contre 28 % de pessimistes, les résultats de la nouvelle enquête signée L’Économiste-Sunergia révèlent une réelle érosion de la cote de popularité du gouvernement.

Par sexe, les hommes s’avèrent plus confiants que les femmes. L’enquête indique que 38 % des hommes sont optimistes, contre 33 % des femmes, alors que 46 % des hommes se disent pessimistes, contre 50 % de femmes, ce qui s’avère encore une fois contradictoire vis-à-vis des résultats de l’enquête de 2022.

En ce qui concerne les différentes tranches d’âges, 52 % des 25-34 ans n’accordent pas de confiance au gouvernement pour les quelques mois à venir. C’est également le cas pour les 18-24 ans dont 46 % ne témoignent d’aucune confiance envers le gouvernement. L’enquête révèle toutefois que quatre personnes sur dix au sein de cette dernière tranche d’âge se montrent optimistes vis-à-vis du gouvernement.

Ce manque de confiance chez les jeunes pourrait s’expliquer par l’augmentation du chômage, qui s’oppose aux promesses de création d’emploi que contenaient les différents programmes gouvernementaux, malgré lesquels le nombre de chômeurs a augmenté de 248.000 personnes au 3e trimestre, soit une augmentation de 18 %, selon le HCP.

Le pessimisme des jeunes peut également s’expliquer par leur insatisfaction vis-à-vis de “la politique comme elle se déroule actuellement”, comme le révélait une précédente enquête de L’Économiste-Sunergia, concernant les jeunes et la politique.

Dans le cadre de cette enquête, à la question “quel est votre parti politique préféré ?” 64 % des jeunes interrogées ont répondu “aucun”, et 23 % n’ont pas de réponse. Les 13 % restants sont partagés entre les grandes formations, dont le PJD (2 %), l’Istiqlal (2 %), le RNI (2 %), le PAM (3 %), l’USFP (2 %)… Parallèlement, la majorité des jeunes interrogés (87 %) n’ont pas réussi à citer les noms de 3 ministres actuels en dehors du chef du gouvernement.

Merci “monsieur Personne”

Interrogés sur les ministres qu’ils qualifieraient de plus dynamiques, 53 % des sondés ont préféré ne pas s’exprimer et sur les quelque 47 % qui ont décidé de se prêter au jeu, 29 % ont répondu “aucun”.

23 % d’entre eux ont répondu en faveur de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères depuis 2017, et 17 % d’entre eux ont opté pour Fouzi Lekjaa, non seulement pour sa position en tant que ministre délégué chargé du Budget, mais aussi, et certainement surtout, pour sa casquette de patron de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), qui jouit d’une très bonne réputation depuis ses différentes réalisations auprès des institutions footballistiques internationales dont la FIFA et la CAF, mais aussi depuis l’épopée héroïque des Lions de l’Atlas en Coupe du monde.

Le top 3 des ministres les moins dynamiques selon les sondés est le suivant : Fatim-Zahra Ammor, avec 1 % des votes, Aawatif Hayar, avec 1 % des votes également, et Abdellatif Miraoui, avec 2 % des votes.

Certains ministres n’ont d’ailleurs pas du tout été cités par les sondés, à savoir le ministre des Habous et affaires islamiques, Ahmed Taoufiq, le ministre de l’Inclusion économique, Younes Sekkouri, la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali et la ministre de la Transition numérique, Ghita Mezzour.

Cape d’invisibilité ministérielle

Au sujet des ministres les moins visibles, les sondés qui ont décidé de répondre à la question sont encore moins nombreux que ceux qui ont répondu à la question des ministres les plus dynamiques. En effet, seuls 28 % des interrogés ont cité un ou plusieurs ministres qu’ils jugent “invisibles”. Parmi eux, 24 % sont d’accord pour dire que tous les ministres manquent de visibilité.

Mais le top 4 des ministres invisibles se présente comme suit :

  1. Chakib Benmoussa, ministre de l’Éducation, pour 24 % des interrogés.
  2. Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, pour 13 % des interrogés.
  3. Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, pour 7 % des interrogés.
  4. Mohammed Abdeljalil, ministre du Transport et de la logistique, pour 6 % des interrogés.

Et pourtant, pour ces derniers, ce ne sont pas les occasions qui manquent. En effet, les quatre ministères dont les chefs de file sont jugés invisibles ont tous été au cœur de l’actualité ces derniers temps, et c’est autant valable pour Chakib Benmoussa, dont le ministère doit gérer l’une des problématiques les plus importantes depuis la rentrée scolaire de l’année 2023/2024, à savoir la grève des enseignants, que pour Abdellatif Ouahbi qui a fait l’objet de nombreux “bad buzz” dont ceux liés à l’affaire des concours des avocats, ou pour Mohammed Abdeljalil, qui est chargé de la gestion de nombres de projets structurants, tels que les chantiers du ferroviaire et de l’aérien.



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